Guide pratique

Assainissement non collectif : quelle filière choisir ?

Quand une maison n'est pas raccordée au tout-à-l'égout, elle doit traiter elle-même ses eaux usées. Fosse et épandage, filtre à sable, micro-station, phytoépuration : voici comment s'y retrouver, et ce qui guide le choix de la bonne filière pour votre terrain.

Publié le · FTS Terrassement, Pléchatel (35)

L'assainissement non collectif, c'est quoi ?

On parle d'assainissement non collectif (ANC), ou assainissement individuel, pour toute habitation qui n'est pas desservie par un réseau public d'égout. C'est fréquent en campagne, autour de Pléchatel comme dans une grande partie de l'Ille-et-Vilaine. L'installation doit collecter les eaux usées de la maison, les prétraiter puis les traiter avant de les rendre au milieu naturel.

Chaque commune ou intercommunalité dispose d'un SPANC, le service public d'assainissement non collectif. C'est lui qui valide le projet avant les travaux, contrôle la bonne réalisation avant que les tranchées soient refermées, puis vérifie régulièrement le fonctionnement de l'installation. Rien ne doit donc être posé sans son accord.

Tout commence par le terrain

Le choix de la filière ne se fait pas sur catalogue : il dépend d'abord du sol. Un sol qui laisse bien passer l'eau permet de l'infiltrer directement, alors qu'un sol argileux, trop compact ou gorgé d'eau en hiver impose une solution qui traite l'eau avant de la rejeter. C'est pourquoi une étude de sol, ou étude de filière, est généralement demandée pour une installation neuve ou une réhabilitation.

D'autres éléments comptent : la surface disponible, la pente, la distance avec la maison, les arbres et les puits, et la taille du logement. L'installation se dimensionne en fonction du nombre de pièces principales, pas du nombre d'habitants du moment.

Les principales filières

La solution la plus répandue associe une fosse toutes eaux, qui prétraite l'ensemble des eaux de la maison, et un épandage souterrain : un réseau de tuyaux posés dans des tranchées de gravier, qui laisse l'eau s'infiltrer et se purifier dans le sol naturel. Elle convient aux terrains perméables et suffisamment grands.

Quand le sol ne permet pas cette infiltration, on reconstitue un sol filtrant : c'est le filtre à sable, vertical, drainé ou non selon que l'eau traitée peut ensuite s'infiltrer ou doit être évacuée. Sur les terrains où la nappe est proche de la surface, un tertre d'infiltration surélève le traitement.

Il existe aussi des filières dites agréées, validées par les ministères et listées officiellement : micro-stations, filtres compacts, filières plantées de phytoépuration. Elles prennent moins de place, ce qui les rend utiles sur les petits terrains. Une micro-station a besoin d'électricité et d'un usage régulier ; une filière plantée demande un peu d'entretien de la végétation mais fonctionne sans produit chimique.

Entretien et vente de la maison

Une installation bien conçue vit longtemps si elle est entretenue. La fosse se vide par un vidangeur agréé lorsque les boues atteignent la moitié de son volume utile ; une micro-station suit le carnet d'entretien de son fabricant. Il faut aussi garder l'accès aux regards et ne jamais faire rouler de véhicule sur l'épandage.

En cas de vente, un diagnostic de l'assainissement réalisé par le SPANC depuis moins de trois ans doit être joint au dossier. Si l'installation n'est pas conforme, l'acheteur dispose d'un an après la vente pour faire les travaux de mise en conformité.

Le rôle du terrassier

Une fois la filière validée, tout se joue à la pose : implantation, profondeurs, pentes régulières, lit de pose, raccordement de toutes les sorties de la maison et remblaiement soigné. Une erreur de niveau ou un tassement mal maîtrisé suffit à dégrader le fonctionnement pendant des années.

L'assainissement est le point fort de FTS Terrassement : fosses septiques, micro-stations, épandage, filtres à sable, drainage et phytoépuration. Nous posons l'installation retenue et restons en lien avec le SPANC pour le contrôle avant remblaiement.

Les questions qu'on nous pose souvent

« Ma vieille fosse septique fonctionne encore, dois-je la changer ? » Les anciennes fosses septiques ne recevaient que les eaux des toilettes, les autres eaux partant souvent directement dans un puisard ou un fossé. Ce fonctionnement ne correspond plus aux règles actuelles. Lors de son contrôle, le SPANC indique si une réhabilitation est nécessaire et dans quel délai ; en cas de risque pour la santé ou l'environnement, elle devient prioritaire.

« Mon terrain est petit, ai-je une solution ? » Oui, le plus souvent. Les filières agréées, micro-stations et filtres compacts, ont justement été conçues pour les parcelles où un épandage classique ne tient pas. L'étude de sol et le SPANC confirment ce qui est possible.

« Qui s'occupe des démarches ? » Le propriétaire dépose le projet auprès du SPANC, avec l'étude de sol. Une fois le projet validé, le terrassier réalise les travaux, puis le SPANC vient contrôler avant que tout soit recouvert. Mieux vaut donc caler le calendrier avec lui dès le départ, pour que le chantier ne reste pas ouvert inutilement.